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Baccalauréat es-sciences 1828

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Titre : Manuel complet pour le Baccalauréat es-sciences
Editeur : Librairie de Compère Jeune
Edition :
Auteur : Alfred Babin et E.F. Lenoir
Année : 1828 
Appréciation : Le programme a un peu changé depuis. Mais justement, c'est intéressant de voir en quoi. Note : 4/5.

Cet épais volume était donc destiné aux jeunes de 1828 candidats au baccalauréat es-sciences (à l'époque, il n'y avait pas pléthore de sections comme aujourd'hui). L'intérêt de cet ouvrage dans un site orienté TSF est la description qu'il fait de l'électricité. A l'époque, il s'agit de quelque chose de mal connu et l'on fait de nombreuses hypothèses. Je vous laisse les découvrir car j'ai numérisé le chapitre correspondant (voir extrait ci-après).

Accéder au chapitre sur l'électricité

La nature de l'ÉLECTRICITÉ n'est pas plus connue que celle de la chaleur et de la lumière. Elle a donné lieu à des conjectures plus ou moins vraisemblables, et l'on est encore à savoir si les phénomènes électriques sont tous produits par un même fluide ou par deux fluides différents.

Hypothèse de Franklin - Le célèbre Franklin supposait un fluide particulier répandu dans tous les corps, dont chacun en possédait une quantité plus ou moins grande selon sa capacité. Tant que le fluide électrique était en équilibre dans un système de corps, il ne se passait rien de particulier; mais lorsque l'équilibre était rompu par une cause quelconque, il tendait, à l'instant même, à se rétablir, et de là résultaient tous les phénomènes observés, qui s'expliquent en général avec facilité.

Hypothèse de Symmer - Dans cette hypothèse, qui compte aujourd'hui un plus grand nombre de partisans que celle de Franklin, tous les corps delà nature renferment un fluide particulier qui a reçu le nom de fluide naturel, lorsqu'il ne manifeste en aucune façon sa présence. La terre est considérée comme un immense réservoir de ce fluide, et prend, quand il s'agit d'électricité, le nom de réservoir commun. Le fluide naturel n'a, par lui-même, aucune propriété électrique; il est le résultat d'une combinaison neutre de deux autres fluides dans lesquels cette propriété réside» Ces fluides se nomment électricité vitrée et électricité résineuse [L'électricité vitrée prend aussi le nom d'électricité positive, et l'électricité résineuse, celui d'électricité négative.], du nom des deux substances qui les développent le plus ordinairement.

Production de l'électricité par le frottement - En frottant une baguette de verre avec un morceau de drap, on provoque le dégagement d'une faible lumière qu'on aperçoit dans l'obscurité : si on présente ensuite la baguette à la main, on en tire de très petites étincelles; et si on la présente à des corps légers, on les voit aussitôt se précipiter sur elle : un bâton de cire d'Espagne frotté de la même manière produit à peu près les mêmes effets. Une personne montée sur un gâteau de résine, et qu'on frappe, par un temps sec, avec une peau de lièvre, par exemple, donne des marques très sensibles d'électricité, et on peut tirer des étincelles des différentes parties de son corps.

Machine électrique.
Dans la machine électrique ordinaire, le développement de l'électricité est produit par le frottement d'un plateau de verre entre quatre coussins de soie remplis de crin. Ce plateau est traversé par un axe qui porte une manivelle; il est soutenu dans une position verticale entre deux montants de bois. Au-devant du plateau se trouve un cylindre métallique de cuivre ou de fer-blanc, qu'on nomme conducteur, et qui est soutenu par des colonnes de verre. Ce conducteur est terminé vers la glace par deux branches, dont chacune est pourvue, à son extrémité, d'un godet garni de pointes. Les coussins doivent être frottés, à la partie qui touche le verre, avec de l'or musif (oxyde sulfuré d'étain), ou avec un alliage d'une partie de zinc et de cinq de mercure. La partie postérieure du coussin est en contact avec une tige métallique qui descend le long des montants de bois et communique avec la terre.Tout le temps que la machine électrique est en mouvement , on sent une odeur particulière assez semblable à celle du gaz hydrogène. Si on approche la main ou le visage du plateau ou du conducteur, on sent un frémissement particulier, comme si on venait à toucher une toile d'araignée. Enfin, si on présente le doigt au conducteur, on en tire une étincelle lumineuse qui fait éprouver une faible piqûre. Si on fait l'expérience dans l'obscurité, on voit des traînées de lumière qui serpentent sur la glace, et des étincelles que soutirent continuellement les pointes du conducteur tournées vers le plateau.

juillet 2012